Les commotions cérébrales

 

 

 

Comme les saisons sportives recommencent, le moment est bien choisi pour vous parler des commotions cérébrales qui sont, encore aujourd’hui, beaucoup trop méprisées. Voici un petit résumé de ce que l’on retrouve dans la littérature à ce sujet.

 

Qu’est-ce qu’une commotion cérébrale?

Tel que défini par le Concussion in Sport Group, la commotion cérébrale est «un processus physiopathologique complexe touchant le cerveau induit par des forces biomécaniques». Effectivement, elle peut être produite lors d’un impact directement à la tête, mais aussi à une autre partie du corps. (1) Dans ce cas, c’est une onde de choc qui est transmise à la tête et qui peut entrainer une commotion cérébrale. Le cerveau est alors secoué dans le crâne et ceci entraine des dommages aux cellules cérébrales. La perte de conscience n’est pas le principal symptôme. Les symptômes les plus fréquents sont les maux de tête (85,2%) et les troubles de l’équilibre et de la démarche (77%). (3) 

 

 

Quels sont les symptômes d’une commotion?

  • Maux de tête

  • Pression dans le crâne

  • Douleurs au cou

  • Vomissements ou nausées

  • Vertiges

  • Vue trouble

  • Problèmes d’équilibre

  • Sensibilité à la lumière

  • Sensibilité au bruit

  • Sensation d’être au ralenti

  • Sensation d’être dans le brouillard

 

**Les symptômes mentionnés ci-haut sont les symptômes évalués dans le SCAT3.

 

 

Le syndrome du second impact

Le syndrome du second impact est plutôt rare, mais très grave. On parle du syndrome du second impact lorsqu’un athlète subit une deuxième commotion alors que la première n’est pas totalement guérie. Lors d’une commotion, le cerveau est plus vulnérable. Le second coup n’a pas besoin d’être intense pour provoquer une deuxième commotion. (4) De plus, comme le cerveau est plus fragile, il n’a plus les mêmes capacités à réguler la pression de perfusion cérébrale et intracrânienne. (4) Le second impact peut avoir lieu la même journée que la première commotion. (4) C’est pour cette raison que lorsqu’une commotion est soupçonnée, l’athlète doit immédiatement être retiré du jeu. Le syndrome du second impact peut aussi avoir lieu les jours et même les semaines suivant la première commotion. (4)

 

Quels sont les symptômes du syndrome du second impact? (4)

  • Pupilles dilatées

  • Perte de mouvement des yeux

  • INCONSCIENCE

  • ARRÊT RESPIRATOIRE

  • DÉCÈS

 

Effectivement, dans de nombreux cas, le syndrome du second impact entraine la mort. Les autres resteront avec de graves séquelles. C’est principalement pour cette raison qu’il existe un protocole de retour au jeu très strict. (4)

 

Le retour au jeu proposé par l'INESSS:
PHASE 1: Repos initial
Limiter pour quelques jours les activités intellectuelles, physiques et sportives. Le repos complet au lit n'est pas recommandé. On propose de faire de courtes périodes (15 à 20 minutes) d'activités intellectuelles faciles (lecture, dessin, jeu vidéo, etc.) ou physiques de très faible intensité (étirements, marche lente, etc.).

La reprise des activités doit être progressive.
La phase 2 est possible lorsque les symptômes aigus sont disparus.

PHASES 2: Reprise graduelle des activités intellectuelles
Étape 1: Limiter à des périodes de 15 à 20 minutes à la fois les activités intellectuelles (lecture, écriture, travaux scolaires, ordinateur, jeu vidéo, jouer un instrument de musique, écouter de la musique ou la télévision).
Si les symptômes augmentent, diminuer l'intensité et/ou la fréquence des activités

Étape 2: Reprendre graduellement les activités intellectuelles structurées (école, musique, théâtre, etc.)
* Commencer le retour par des demi-journées, afin que le retour soit progressif.

Étape 3: Reprendre complètement la routine scolaire, artistique ou de loisirs.

PHASES 3: Reprise graduelle de l'entrainement physique ou sportif
Étape 1. Léger exercice de conditionnement physique incluant un léger échauffement (5 à 10 minutes). L'intensité devrait être faible et les activités ne devraient pas inclure de sauts, de pirouettes ou de mise en échec. (Ex.: marche, jogging léger, vélo stationnaire, etc.)
Étape 2. Activité physique progressive jusqu'à une intensité modérée
Étape 3. Activité physique d'intensité modérée avec introduction d'exercices techniques propres à l'activité pratiquée
Étape 4. Activité physique d'intensité modérée avec entrainement sans contact propre à l'activité physique
Étape 5. Pratique complète avec contact physique: Ne pas commencer cette étape tant que le blessé n'a pas repris la routine scolaire sans symptôme (étape 3 de la phase 2) et que le blessé n'a pas eu l'autorisation du médecin.
Étape 6. Retour à la compétition

Il faut également savoir que minimum 24 h doivent s’écouler entre deux étapes. D’ailleurs, si à une des étapes, l’athlète représente des symptômes, il doit reprendre à l’étape asymptomatique, donc l’étape précédente, une fois que ses symptômes ne sont plus présents.

Pour avoir plus de renseignements pour le retour aux activités, je vous invite à consulter le document de l'INESSS: http://fecst.inesss.qc.ca/fileadmin/documents/Publications/DEPLIANT_TCC_Pediatrique_17012014_FINAL.pdf

 

 

Quelques faits sur les commotions cérébrales

  • 30% des athlètes manifestent des symptômes de 24 à 48h seulement après l’accident.(6)

 

  • Règle générale, le cerveau se remet d’une première commotion dans les 15 à 20 jours suivants l’accident. (7)

 

  • Toutes les commotions cérébrales sont importantes, il n’y a pas de petite commotion. (8)

 

  • Les athlètes retournant au jeu avant la rémission complète sont de 5 à 7 fois plus à risque de subir une nouvelle commotion. (plus grande fragilité du cerveau et capacités cognitives et motrices moins efficaces) (9)

 

 

J’espère que ce petit résumé aura conscientisé les parents, les entraineurs et les athlètes. L’idéal est certainement la prévention.  Effectivement, l’équipement adapté, le respect des règlements et le développement des habiletés aideront à prévenir ce type de blessure. Par contre, les commotions cérébrales seront probablement toujours présentes dans les sports. Il est extrêmement important de la reconnaître lorsqu’elle survient afin de prendre les mesures nécessaires pour prévenir les effets négatifs à long terme ou qu’un événement plus grave se produise.

 

Bonne saison!

Dernière mise à jour: 20 juin 2017 

 

 

1- McCrory P, Meeuwisse W, Aubry M et coll. Consensus statement on Concussion in Sport – 4e Conférence internationale sur les commotions cérébrales dans le sport tenue à Zurich, novembre 2012. Clin J Sport Med 2013;23(2): 89-117.

2- Madore, Leclerc, Ellemberg, De Beaumont. Feuillet explicatif traumatisme craniocérébral léger. TCCL Sportif Déc 2007 : 3p

3- Vidalin H, Chermann J-F, Stiernon T, Valy G, Savigny A, Duclos M, Dionet E, Privat A, Chazal J. Les commotions cérébrale et le sport, Juin 2010, Journal de traumatologie du sport : 83-93

4- http://www.brainandspinalcord.org/traumatic-brain-injury-types/second-impact-syndrome/index.html

5- Mona D, Bouziane H. Retour au sport après une commotion cérébrale. Actualité. Rev Med Suisse 2008 ; 4 : 1694-701  P5

6- http://rseq.ca/media/1035696/11-une__pid_mie_silencieuse_pr_sentation_de_dave_ellembergh.pdf P:9

7- http://rseq.ca/media/1035696/11-une__pid_mie_silencieuse_pr_sentation_de_dave_ellembergh.pdf P:9

8- http://rseq.ca/media/1035696/11-une__pid_mie_silencieuse_pr_sentation_de_dave_ellembergh.pdf P:3

9 http://rseq.ca/media/1035696/11-une__pid_mie_silencieuse_pr_sentation_de_dave_ellembergh.pdf P:10

 

 

  • Sensation d’anomalie

  • Problèmes de concentration

  • Problèmes de mémoire

  • Fatigue ou faiblesse

  • Confusions

  • Somnelence

  • Difficulté à s’endormir

  • Émotivité accrue

  • Irritabilité

  • Tristesse

  • Nervosité ou anxiété

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